Défi
Au Bangladesh, seulement 30 % environ des ménages ruraux ont accès au réseau électrique. Dans les zones non raccordées, la vie s'arrête presque totalement après le coucher du soleil. Mais des capacités de production limitées provoquent de fréquentes coupures même dans les foyers raccordés au réseau. Les autorités ne pourront pas concrétiser leur vision d'un accès universel à l'électricité d'ici 2020 en comptant uniquement sur le réseau électrique. En outre, l'habitat rural dispersé et la quantité de cours d'eau traversant le pays rendent le déploiement d'un réseau dans de nombreux points du territoire à la fois malaisé et coûteux. Dans ce contexte, l'électrification hors réseau basée sur les énergies renouvelables apparaît comme une option de long terme viable pour assurer à des millions d'habitants des zones reculées un accès coût-efficace à l'électricité. Aujourd'hui, de nombreux villages — surtout dans les zones isolées — découvrent les bienfaits de l'électricité solaire, grâce à l'installation de systèmes solaires à usage domestique (SHS).
Le pays connaît de graves pénuries d'électricité. Les capacités actuelles de production ne sont que de 4 500 MW environ, pour une demande de pointe de 6 500 MW. Les coupures de courant sont monnaie courante, surtout pendant les chaudes journées d'été. Les ruraux sont les plus touchés, subissant l'essentiel de ces coupures. Le financement additionnel accordé au projet en 2009 a ajouté un volet « gestion de la demande » pour le déploiement à grande échelle de lampes LFC en substitution des lampes à incandescence.
Démarche
Le Projet de développement de l'électrification rurale et de l'énergie renouvelable (RERED) aide le Bangladesh à améliorer le développement social et à doper la croissance économique en élargissant l'accès des ruraux à l'électricité. Pour ce faire, il opte à la fois pour le développement du réseau et des solutions hors réseau. Le projet promeut les sources d'énergie renouvelable pour pouvoir électrifier les villages isolés et difficiles d'accès, où l'installation d'un réseau est impossible.
Plus spécifiquement, il s'agit d'installer des systèmes solaires à usage domestique (SHS) chez les ménages, à travers un dispositif de microcrédit impliquant tout un réseau d'organisations non gouvernementales (ONG). Dans ce cadre, les organisations partenaires (des ONG pour l'essentiel) achètent et installent les systèmes dans les foyers ruraux conformément aux normes techniques fixées par l'IDCOL (Infrastructure Development Company Limited). Les ménages versent 10 % de l'installation au départ et remboursent les 90 % restants en contractant un emprunt de trois à cinq ans au taux d'intérêt du marché. Une fois les systèmes installés, les organisations partenaires déposent des dossiers de refinancement auprès de l'IDCOL (elles bénéficieront de taux d'intérêt moindres et d'échéances de remboursement plus longues). Dès que les contrôles techniques et autres ont été effectués, l'IDCOL débloque les fonds, avec une subvention forfaitaire aux organisations partenaires (de 28 dollars par système SHS actuellement). Ce refinancement permet aux organisations de financer l'installation de nouveaux systèmes. Outre qu'elle fournit des fonds de l'IDA pour ce dispositif, la Banque mondiale apporte aussi des subventions. Au départ, celles-ci provenaient du Fonds pour l'environnement mondial (FEM). Depuis peu, elles sont fournies par le Partenariat mondial pour l'aide basée sur les résultats (GPOBA). Le projet teste aussi des mini-réseaux fonctionnant grâce aux énergies renouvelables dans les zones rurales isolées.
Il soutient par ailleurs le remplacement de lampes à incandescence par des lampes fluorescentes compactes (LFC) économes en énergie dans le cadre d'un programme de gestion de la demande d'électricité conçu pour remédier aux graves pénuries de courant qui touchent particulièrement les zones rurales du Bangladesh. Alors que les capacités de production sont bien inférieures à la demande d'énergie, l'introduction des LFC permet de réduire la demande de pointe. Quelque 10 millions de LFC ont déjà été distribuées et 17 autres millions sont en cours d'acquisition.
Résultats
- 630 000 nouveaux clients ont été raccordés au réseau.
- Plus de 750 000 foyers isolés et magasins en zone rurale ont été équipés de systèmes SHS.
- 30 000 nouveaux systèmes SHS sont installés chaque mois.
- L'accès à l'électricité transforme la vie des gens et l'économie des villages.
- Dix millions de LFC économes en énergie ont été distribuées gratuitement aux ménages, en échange de leurs lampes à incandescence. Par ailleurs, 17 millions sont en cours d'acquisition.
- Le projet a réussi à augmenter de 3,5 % l'accès à l'électricité dans le pays.
Témoignages
Carte
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Contribution de la Banque mondiale
Le financement apporté par l'IDA au RERED a été approuvé le 25 juin 2002. Il est devenu effectif le 31 décembre 2002. Près de 321 millions de dollars avaient été déboursés en 2009. Un financement additionnel de 130 millions de dollars a été approuvé en août 2009 pour assurer l'installation de 300 000 SHS et la distribution de 10 millions de LFC.
Partenaires
Devant la réussite du volet « énergie renouvelable », plusieurs partenaires au développement se sont joints au programme. La Banque mondiale a apporté des fonds à travers le FEM et le GPOBA pour assurer des formations, une campagne de sensibilisation et d'information et subventionner les coûts initiaux liés aux SHS pour les clients.
D'autres partenaires au développement ont adopté le même concept et contribuent au projet par le biais de subventions pour le volet « assistance technique » et les systèmes SHS. Récemment, la Banque asiatique de développement (BAD) a approuvé un prêt de 33 millions de dollars pour l'installation de 100 000 SHS.
La Banque mondiale a signé un contrat d'achat de réduction d'émissions (ERPA) avec l'agence d'exécution pour retirer des revenus carbone des projets SHS et LFC. Les deux projets sont en cours de validation.
Perspectives
L'IDA a été sollicitée pour élargir encore son aide au programme, avec un second financement additionnel à hauteur de 100 millions de dollars pour l'installation de 300 000 nouveaux systèmes SHS. Un autre projet est attendu pendant l'exercice 2012, pour 400 000 nouveaux systèmes. L'objectif consiste à installer 2 500 000 SHS d'ici 2015. Le gouvernement du Bangladesh a demandé l'aide de l'IDA pour pouvoir augmenter son soutien à ce programme.
(a) indique une page en anglais.





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